Les biocarburants : où en est-on?

agrocarburantsAujourd’hui on en trouve dans notre essence et dans notre gasoil, mais dans de très faibles proportions (7%). Une part que la commission Européenne veut d’ailleurs réduire à 5%, car la production des biocarburants actuels, dite de première génération, consomme trop de denrées vivrières ! Il existe désormais un risque de déficit du stocke alimentaire pour nous autres êtres humains.

 

Les types de biocarburants actuels

  • Le bioéthanol

Il est produit à partir d’un l’alcool extrait de plantes ou légumes contenant beaucoup d’amidon et de sucre. (Betteraves, canne à sucre, etc.). Le bioéthanol peut se substituer à l’essence classique ou y être mélangé.

  • L’EMHV (ester méthylique d’huile végétale)

C’est le biocarburant de substitution au gasoil. Il est produit à partir de plantes comme le colza, le tournesol ou à partir d’huile de palme. On l’appelle aussi biodiesel ou diester*. (*diester est une marque déposée parSofiprotéol. C’est la contraction diesel + ester. Le terme est aujourd’hui utilisé par tout le monde en référence à l’EMHV).

Il existe aussi des carburants biologiques fabriqués par fermentation de déchets organiques, mais leur production reste très marginale. Ils servent essentiellement d’additifs.

L’inconvénient avec ces biocarburants est qu’ils sont produits à partir de denrées vivrières. Ils n’offrent donc pas une solution pérenne pour remplacer totalement les carburants classiques.

Un problème de génération de biocarburant

Il existe trois générations de biocarburant :

  • La première génération :

Ce sont des biocarburants que l’on produit déjà à petite échelle industrielle (éthanol et biodiesel). Dans de nombreux pays (USA, Brésil, certains pays d’Europe, etc.), leur incorporation dans les carburants classiques est obligatoire. Ce mélange est censé réduire les émissions CO2 de nos moteurs.

Cependant, puisque ces biocarburants sont produits à partir de denrées vivrières (destinées à l’alimentation des populations), on ne peut pas en produire beaucoup, car il est plus important de se nourrir que de flamber des betteraves dans son moteur.

  • La deuxième génération :

On parle ici des biocarburants qui sont produits à partir d’arbres, de feuilles et autres matières végétales non comestibles. Le problème est réglé alors !

Eh bien non, car cette deuxième génération de biocarburants est trop jeune pour risquer des escapades dans nos moteurs à combustion. S’il est vrai que le concept fonctionne, deux problèmes subsistent :

-Premièrement, les procédés de transformation (thermochimique et biochimique) de la                          biomasse non comestible en carburant ne sont pas au point. Ce qui ne permet pas                              d’envisager une production industrielle dans l’immédiat.

-Deuxièmement, si les procédés de fabrication arrivaient à maturité, il faudrait, pour répondre à la demande en carburant, mobiliser des millions d’hectares de terre agricoles pour cultiver des arbres et autres plantes non comestibles. Ce qui est difficilement envisageable sans compromettre la production vivrière.

  • La solution ? La troisième génération.

Il s’agit d’algocarburant, c’est-à-dire d’un biocarburant produit avec des algues. Finit les conflits avec l’agriculture vivrière, tout se cultive en mer et en laboratoire. Mais évidemment, il y a des problèmes, sinon nos voitures circuleraient déjà à l’algocarburant.

-Tout d’abord, les chercheurs n’ont pas encore trouvé la bonne catégorie d’algue. Le concept d’algocarburant peut fonctionner avec tous les types d’algues, mais il faut que l’espèce contienne suffisamment d’amidon pour que le procéder de transformation soit efficient et qu’il permette une production à grande échelle.

-Enfin, la culture d’algue coute très cher. Alors, pour rentabiliser une production industrielle, les chercheurs doivent trouver ou créer une espèce qui pousse très vite et qui soit très résistante.

La démocratisation des biocarburants dépend donc des innovations technologiques qui émergeront.

Conclusion :

Les algocarburants représentent l’avenir des biocarburants, mais ils seront probablement les derniers à pouvoir être produits à grande échelle.

Même lorsque cela sera possible, des défis techniques et opérationnels peuvent compromettre leur démocratisation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>